Décret tertiaire : établissements de santé, cliniques et EHPAD
Rien ne s'éteint jamais tout à fait. Un EHPAD chauffe la nuit, éclaire les circulations en permanence, produit de l'eau chaude à température réglementée et maintient en fonctionnement des équipements dont dépend la sécurité des résidents. Le décret tertiaire s'applique pourtant à ces bâtiments comme aux autres — avec, pour l'exploitant, une marge de manœuvre qui se cherche du côté de la technique et jamais du côté du service rendu.
Profil de consommation indicatif
Le ratio ci-dessous sert de repère avant relevé pour les établissements de santé et médico-sociaux, dont l'occupation est continue.
≈ 330 kWh/m²/an
Ordre de grandeur d'ingénierie en énergie finale, issu des hypothèses de calcul de nos simulateurs (Santé et EHPAD). Ce n'est pas une valeur réglementaire : votre consommation réelle dépend de votre bâti, de vos horaires et de vos équipements.
Une occupation continue qui déplace tous les repères
Là où un immeuble de bureaux dispose de deux tiers de son temps pour réduire ses consignes, un établissement de santé n'a pas de période creuse. Les températures de consigne sont plus élevées qu'ailleurs, notamment en hébergement de personnes âgées, et la ventilation des locaux de soins répond à des exigences sanitaires qui priment sur toute considération énergétique.
La production d'eau chaude sanitaire mérite une attention particulière : le maintien en température du réseau de bouclage, imposé par la prévention du risque légionelle, représente une consommation permanente qui ne dépend ni de la saison ni du taux d'occupation. Elle est fréquemment sous-estimée parce qu'elle est invisible dans les factures globales.
La continuité de service prime
Un patrimoine composite à découper avec soin
Un établissement réunit rarement un seul type d'activité : hébergement, plateau technique, restauration collective, blanchisserie, administration, parfois locaux d'enseignement ou de formation. Chacun relève d'une sous-catégorie d'activité distincte, avec des profils de consommation sans rapport les uns avec les autres.
Ce découpage n'est pas une formalité : il détermine les valeurs de référence auxquelles l'établissement sera comparé si la voie de la valeur absolue est retenue. Un site qui verse sa blanchisserie et sa cuisine centrale dans la même entité que l'hébergement se prive de toute lecture fine, et s'expose à des écarts qu'il ne saura pas expliquer.
- Hébergement et chambres : consommation dominée par le chauffage et l'eau chaude sanitaire.
- Plateau technique et locaux de soins : ventilation, équipements, contraintes de température spécifiques.
- Restauration collective : froid, cuisson, extraction — un poste dense sur une petite surface.
- Blanchisserie : vapeur, séchage, un usage de type process à isoler explicitement.
- Administration et accueil : le seul ensemble réellement comparable à des bureaux classiques.
Ce qui fausse une déclaration d'établissement de santé
- Une extension ou une reconstruction partielle, fréquente dans ce parc, qui modifie la surface déclarée sans mise à jour de l'entité fonctionnelle.
- Les groupes électrogènes et leurs essais périodiques, comptabilisés ou non selon les sites, sans règle stable d'une année sur l'autre.
- La cuisine centrale qui produit pour d'autres établissements : ses consommations ne relèvent pas du bâtiment déclaré au même titre que le reste.
- Un réseau de chaleur urbain dont le facteur de conversion et le contenu carbone doivent être repris tels qu'ils sont fournis, et non estimés.
- Le nombre de lits et le taux d'occupation, indicateurs d'intensité d'usage déterminants ici, souvent laissés vides à la première déclaration.
Crelat ou Cabs : la conclusion pour ce secteur
Conclusion propre au secteur : dans la santé et le médico-social, la valeur absolue est fréquemment la voie la plus réaliste. Les consignes de température, la ventilation sanitaire et le bouclage d'eau chaude constituent un socle incompressible ; exiger d'un établissement déjà rénové qu'il retranche encore 40 % conduit à une trajectoire que personne ne tiendra.
L'établissement logé dans un bâti ancien jamais rénové se trouve dans la situation inverse : le gisement y est important et la réduction en pourcentage y reste accessible, souvent par le seul remplacement de la production de chaleur et le traitement de l'enveloppe.
Le raisonnement complet — comment les deux objectifs se comparent, à quelles conditions on bascule de l'un à l'autre — figure sur la page décret tertiaire. Ce qui précède en est la traduction sectorielle.
Les leviers compatibles avec la continuité de soin
- La production et la distribution de chaleur : rendement de chaufferie, calorifugeage des réseaux, équilibrage hydraulique — des travaux invisibles pour les résidents et sans interruption de service.
- Le bouclage d'eau chaude sanitaire : isolation du réseau, régulation fine, récupération de chaleur, sans jamais descendre sous les températures imposées par la prévention sanitaire.
- La régulation terminale : robinets thermostatiques en chambre, zonage des consignes, pilotage par local plutôt que par bâtiment.
- L'éclairage des circulations et des locaux communs, allumé en permanence : la LED avec variation nocturne y donne un gain durable et immédiatement mesurable.
- La supervision continue, qui détecte une dérive — vanne bloquée, ballon en défaut, ventilation à débit maximal — avant qu'elle ne pèse une année entière sur la déclaration.
Solaire : un talon de consommation permanent
L'atout du secteur est son talon : un établissement de santé consomme de l'électricité en continu, week-ends compris. Toute production solaire trouve donc preneur sur place, ce qui place le taux d'autoconsommation parmi les plus élevés du tertiaire, sans besoin de stockage pour valoriser la journée.
La contrainte tient au bâti : toitures encombrées d'équipements techniques, contraintes patrimoniales sur certains sites, et surtout intervention sur un site occupé en permanence. Le phasage du chantier compte ici autant que le dimensionnement, et se prépare avec la direction technique.
Questions fréquentes
Sources : ADEME / plateforme OPERAT, Légifrance. Cette page est informative et ne constitue pas un conseil juridique. Contenu mis à jour le 30 juillet 2026.
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Une trajectoire compatible avec la continuité de soin
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