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Décret tertiaire : commerces, magasins et galeries marchandes

Ouvert du lundi au samedi, parfois le dimanche, avec des vitrines allumées avant l'arrivée du premier client et après le départ du dernier : le commerce consomme sur une amplitude horaire que peu d'autres activités tertiaires connaissent. À cela s'ajoutent deux spécificités qui compliquent la déclaration — le froid alimentaire et le partage des parties communes en galerie.

Profil de consommation indicatif

Nos simulateurs situent le commerce autour du repère ci-dessous, magasins alimentaires et non alimentaires confondus.

≈ 220 kWh/m²/an

Ordre de grandeur d'ingénierie en énergie finale, issu des hypothèses de calcul de nos simulateurs (Commerce). Ce n'est pas une valeur réglementaire : votre consommation réelle dépend de votre bâti, de vos horaires et de vos équipements.

Amplitude horaire, éclairage et froid : d'où vient la facture

Trois postes dominent, dans un ordre qui dépend surtout de la présence ou non de froid alimentaire. En non-alimentaire, l'éclairage arrive largement en tête : niveaux d'éclairement élevés en surface de vente, vitrines, enseignes, avec des durées d'allumage qui encadrent l'ouverture. En alimentaire, le froid passe devant tout le reste, meubles ouverts en tête.

Le traitement d'air occupe la troisième place, avec une contrainte particulière : la porte d'entrée reste ouverte ou s'ouvre en permanence, et le magasin est chauffé ou climatisé à travers cette ouverture. Le rideau d'air, souvent installé, est presque aussi souvent mal réglé, mal entretenu, ou laissé en marche forcée toute l'année.

Le froid commercial est aussi une source de chaleur

La chaleur rejetée par les groupes froids est fréquemment évacuée à l'extérieur pendant que le magasin est chauffé par ailleurs. La récupération de cette chaleur est l'un des rares leviers qui agit sur deux postes à la fois, et il apparaît directement dans les consommations déclarées.

Galeries marchandes : qui déclare quoi

Une cellule en galerie n'est pas un bâtiment isolé. Elle reçoit une partie de ses fluides du centre — chauffage, climatisation, parfois éclairage des réserves — et supporte des charges communes correspondant au mail, aux parkings et aux locaux techniques. La question du périmètre déclaré s'y pose donc en deux temps : ce que la cellule consomme en propre, et la part des consommations communes qui lui est imputable.

  • L'exploitant de la cellule déclare son entité fonctionnelle : sa surface de vente, ses réserves, ses consommations propres.
  • Le propriétaire ou le gestionnaire du centre déclare les parties communes et les surfaces tertiaires qu'il exploite directement.
  • La refacturation de charges n'emporte pas transfert de l'obligation : une consommation refacturée doit être rattachée au périmètre qui la consomme réellement, et non déclarée deux fois.
  • Le seuil de 1 000 m² s'apprécie au niveau du site : une galerie l'atteint évidemment, même si aucune cellule prise isolément ne l'atteindrait.

En pratique, la meilleure protection est écrite : un accord entre bailleur et preneur précisant qui déclare, qui transmet quelles données et dans quel délai avant la campagne annuelle. Sans cela, chacun découvre au mois de septembre que l'autre attendait ses chiffres.

Ce qui fausse une déclaration de surface de vente

  • Une surface déclarée reprise du bail commercial, alors que le dispositif raisonne sur la surface de plancher de l'activité tertiaire — les deux coïncident rarement.
  • Le réaménagement du magasin — nouveau concept d'enseigne, extension de la surface de vente sur les réserves — non répercuté dans la déclaration.
  • Les réserves, quais de livraison et locaux sociaux, tantôt inclus tantôt oubliés selon les années.
  • L'enseigne lumineuse et l'éclairage de façade, alimentés parfois depuis un autre compteur que celui du magasin.
  • Une année de référence prise sur un exercice d'ouverture ou de travaux, non représentative d'une année pleine d'exploitation.

Crelat ou Cabs : la conclusion pour ce secteur

Conclusion propre au secteur : pour un magasin non alimentaire installé dans un local ancien, la réduction en pourcentage est généralement la voie la plus sûre, parce que le seul traitement de l'éclairage et de la régulation apporte déjà une part substantielle de l'objectif.

Pour une surface alimentaire, la conclusion s'inverse souvent : le froid constitue un socle difficilement compressible au-delà d'un certain point, et la valeur absolue applicable à cette catégorie d'activité tient compte de cette réalité. Elle mérite d'être instruite avant d'engager une trajectoire en pourcentage qui buterait dès la deuxième échéance.

Le mécanisme de comparaison et les conditions de bascule entre les deux objectifs sont détaillés sur la page décret tertiaire ; l'écart se chiffre sur vos consommations avec le simulateur de trajectoire.

Les leviers qui portent réellement en magasin

  1. L'éclairage de vente en LED avec gradation par zone et gestion des vitrines : le poste le plus rapide à traiter, avec un effet visible dès l'année de déclaration suivante.
  2. La fermeture des meubles froids et la maintenance des installations frigorifiques — joints, dégivrage, réglage des consignes — avant tout remplacement.
  3. La récupération de la chaleur des groupes froids pour le chauffage du magasin ou l'eau chaude sanitaire.
  4. La régulation des rideaux d'air et de la porte d'entrée, asservis à la température extérieure plutôt qu'en marche permanente.
  5. La programmation horaire de l'ensemble : enseigne, vitrines, ventilation et chauffage réglés sur les horaires réels du magasin, pas sur ceux d'il y a cinq ans.

Solaire : toitures de zone commerciale et ombrières

Les commerces de périphérie cumulent deux atouts : une toiture plane généralement dégagée et un parking client de grande emprise. La consommation est diurne, alignée sur les heures de production, et le froid alimentaire fournit un talon électrique qui absorbe la production même les jours de faible fréquentation.

Les parkings de surface relèvent par ailleurs des obligations de couverture des aires de stationnement, dont les échéances figurent sur notre calendrier réglementaire. Traiter les deux sujets ensemble — obligation de couverture et besoin d'autoconsommation — évite d'investir deux fois. Le commerce de centre-ville, lui, doit composer avec des toitures partagées ou protégées, et privilégier les leviers d'efficacité.

Questions fréquentes

Sources : ADEME / plateforme OPERAT, Légifrance. Cette page est informative et ne constitue pas un conseil juridique. Contenu mis à jour le 30 juillet 2026.

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