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Décret tertiaire : salles de sport, piscines et équipements de loisirs

Un bassin couvert consomme la nuit, portes fermées et vestiaires vides, parce que l'eau reste chauffée et l'air renouvelé. C'est toute la difficulté du sport et des loisirs : la consommation y est portée par des équipements techniques qui tournent en continu, pendant que la fréquentation, elle, varie du simple au triple d'une semaine à l'autre.

Profil de consommation indicatif

Avant tout relevé, nos simulateurs situent le secteur sport, loisirs et culture autour de la valeur ci-dessous, tous usages confondus.

≈ 200 kWh/m²/an

Ordre de grandeur d'ingénierie en énergie finale, issu des hypothèses de calcul de nos simulateurs (Sport, loisirs et culture). Ce n'est pas une valeur réglementaire : votre consommation réelle dépend de votre bâti, de vos horaires et de vos équipements.

Un bâti dont la consommation est pilotée par la technique

Trois postes concentrent l'essentiel : le traitement d'air, l'eau chaude sanitaire et, lorsqu'il existe, le maintien en température des bassins. Aucun des trois ne se réduit en fermant plus tôt. Une salle de fitness ouverte de 6 h à 23 h renouvelle son air pendant toute cette plage réglementaire ; un centre aquatique déshumidifie en permanence pour protéger le bâti lui-même de la condensation.

S'ajoute une caractéristique propre à ce secteur : la consommation d'eau chaude est proportionnelle au nombre de douches prises, donc à la fréquentation. Une année record en abonnements se traduit mécaniquement par une hausse de consommation, sans qu'aucun équipement n'ait perdu en performance. C'est exactement le type d'évolution qu'il faut savoir documenter avant de la voir apparaître comme une dérive de trajectoire.

Salle sèche et centre aquatique : deux métiers

Une salle de sport sans bassin s'apparente, énergétiquement, à un local commercial très ventilé. Dès qu'un bassin couvert entre dans le périmètre, le bâtiment change de catégorie : la déshumidification et le maintien en température deviennent le premier poste, et les leviers ne sont plus les mêmes.

La variabilité de fréquentation et le choix de l'année de référence

Peu de secteurs ont connu des années aussi peu représentatives : fermetures administratives, reprises partielles, jauges. Retenir une année de référence marquée par une fermeture revient à s'imposer une trajectoire de réduction à partir d'un plancher artificiel — l'objectif devient hors d'atteinte dès la reprise d'activité normale.

À l'inverse, une année de référence prise sur un exercice de forte affluence sera plus confortable, mais elle doit rester justifiable : consommations relevées, factures, périmètre stable. L'année retenue se choisit une fois, sur pièces, et se défend ensuite pendant toute la durée du dispositif.

Les indicateurs d'intensité d'usage jouent ici un rôle décisif : ils permettent de rapporter la consommation à l'activité réelle. Renseigner sérieusement la fréquentation et les heures d'ouverture, année après année, vaut mieux que devoir expliquer a posteriori pourquoi la courbe est remontée.

Ce qui fausse une déclaration dans le sport et les loisirs

  • Le bassin extérieur chauffé, dont la consommation saisonnière s'ajoute à celle du bâtiment sans lui appartenir vraiment.
  • Les espaces bien-être — sauna, hammam, spa — ajoutés après coup et rarement isolés en comptage, alors qu'ils pèsent lourd rapporté à leur surface.
  • La restauration ou le bar intégré, qui relève d'une autre catégorie d'activité et devrait être identifié comme tel dans le découpage déclaré.
  • Les surfaces extérieures : terrains, tennis couverts non chauffés, parkings éclairés, dont le traitement doit être cohérent d'une année sur l'autre.
  • Un club-house ou des bureaux administratifs déclarés dans la même entité fonctionnelle que la salle, alors que leurs usages n'ont rien de comparable.

Crelat ou Cabs : la conclusion pour ce secteur

Conclusion propre au secteur : pour un équipement doté d'un bassin, la valeur absolue mérite d'être instruite en priorité. La consommation d'un centre aquatique est largement déterminée par le volume d'eau et la surface de plan d'eau, pas par la sobriété de l'exploitant, et une réduction en pourcentage frappe alors autant le gestionnaire vertueux que l'autre.

Pour une salle sèche exploitée dans un local ancien, le raisonnement s'inverse : le gisement d'économies est réel — ventilation surdimensionnée, éclairage, absence de régulation — et la trajectoire en pourcentage est souvent atteignable sans compromettre le confort des adhérents.

Le mécanisme de comparaison entre les deux objectifs et les conditions de bascule sont exposés sur la page décret tertiaire ; le simulateur de trajectoire permet de chiffrer l'écart sur vos propres données.

Les leviers qui portent réellement sur ces équipements

  1. La récupération de chaleur sur air extrait, particulièrement rentable là où le renouvellement d'air est permanent et l'écart de température important.
  2. La couverture de bassin en période de fermeture : c'est le geste le plus élémentaire et le plus efficace contre l'évaporation, premier poste de déperdition d'un bassin couvert.
  3. La régulation de la déshumidification sur hygrométrie mesurée plutôt qu'en fonctionnement continu à débit fixe.
  4. La production d'eau chaude sanitaire : récupération sur les eaux grises, préparateurs performants, limitation des débits de douche, bouclage maîtrisé.
  5. L'éclairage des plateaux et des halls, à traiter avec détection de présence par zone — les salles ouvertes en continu allument souvent tout, tout le temps.

Le confort ne se négocie pas

Dans ce secteur, une économie prise sur la température de l'eau ou la qualité de l'air se paie immédiatement en résiliations d'abonnement. Les leviers retenus doivent être techniques — récupération, régulation, rendement — et non comportementaux.

Solaire : une courbe de charge favorable

Les besoins électriques d'un centre sportif s'étalent du matin au soir, sept jours sur sept, avec des pointes en fin de journée. La production solaire couvre bien la partie diurne de cette courbe, notamment le talon de ventilation et de traitement d'air qui, lui, ne s'arrête jamais. Le taux d'autoconsommation atteignable y est généralement supérieur à celui d'un bâtiment de bureaux.

Les toitures de gymnases et de halls sportifs offrent par ailleurs de grandes surfaces peu encombrées. Lorsque la production d'eau chaude est électrique, le pilotage des ballons sur les heures de production solaire constitue un stockage thermique simple, sans batterie. Notre simulateur photovoltaïque en donne un ordre de grandeur.

Questions fréquentes

Sources : ADEME / plateforme OPERAT, Légifrance. Cette page est informative et ne constitue pas un conseil juridique. Contenu mis à jour le 30 juillet 2026.

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